Le passé dominant et la perception hallucinée du temps dans "La Compagnie des spectres" de Lydie Salvayre

Alaaedin Baheiedin

Abstract


La Compagnie des spectres dénonce l'incapacité de la France du
dernier demi-siècle de transmettre l'expérience de l'Occupation. La
société française cherche encore, dans un double souci de justice,
comment garder le passé vivant sans succomber à son poids.

toute existence propre au monde contemporain. Louisiane et sa mère se
heurtent comme les monstres du passé qui bousculent les monstres du
présent. Les distances spatiales et temporelles sautent dans l'écoulement
spectaculaire du récit et de la voix. L'autre histoire raconte, au
contraire, l'événement d'une transmission: d'abord éclatée, puis divisée.
L'intrigue se scelle en même temps que la voix dévoile l'accord
tacite de sa déchirure, l'abandon de Louisiane par sa mère répète
l'abandon de Rose par la sienne, les spectres de la mère répètent ceux
de la grand-mère, évoluant dans un espace réaliste, au sein d'un décor
chargé de multiples détails mais qui ne viennent à aucun moment
parasiter le texte, le passage de la fille à la mère, et de la mère à la
grand-mère, se fait avec beaucoup d'aisance et de clarté. Simplement en
changeant de voix et d'attitude, elle incarne très joliment ces trois
femmes, et ordonne une vie au passé. La mort du frère et du fils marque
pour elles toutes le début de la révolte impuissante et du deuil
impossible, puisqu'il implique une vengeance inaboutie


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