Les enjeux des œuvres complètes

Ahmed Fathy REZK

Abstract


         Pourquoi cherche – t – on à rassembler tous les écrits d'un même auteur ? Pourquoi chercher à donner de l'unité à des éléments qui peuvent paraître disparates ? Et qu'est – ce que les œuvres complètes représentent – elles, au juste, en littérature ? Quel sens peut – on en dégager ?

  Nous allons chercher, dans la limite du possible, et bien sûr dans le cadre de nos compétences restreintes, à retrouver quelques éléments de réponse.

  Au fait, la notion d'œuvre puis celle d'œuvres complètes s'impose dans le courant du XVIIIe siècle(1). On pourrait n'y voir qu'un dispositif éditorial, mais il s'agit en réalité du signe d'une transformation importante dans la conception de la littérature et de sa transmission.

   On doit tout d'abord l'analyser comme l'expression d'une volonté, ou d'un rêve, de complétude, bien en rapport avec l'esprit des Lumières, temps des grandes synthèses, des dictionnaires et des encyclopédies, des séries totalisantes(2)                                              

     Mais peut- être de manière plus radicale encore, un des fondements de cette disposition est d'établir, sous le nom de l'auteur, une unité entre des objets qui peuvent   être très hétérogènes, suivant le temps et les circonstances de leur production et de leur diffusion, leurs  intensions, leurs genres et également selon qu'ils ont été publiés ou non, achevés ou suspendus, destinés à l'édition, conservés intentionnellement ou par accident. Avec la notion d'œuvre complètes- dont un des exemples les plus fameux dans le dernier quart du XVIIIe siècle est celles de Voltaire que Beaumarchais s'est ruiné à publier(3)-, on entre d'une certaine manière dans la modernité littéraire. Ce faisant, on se heurte toutefois à une série de problèmes

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